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Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1915, XX.djvu/384


ACTE III.

SCENE PREMIERE.

Celio, Silvio, Florinde, Petrone, et Arlequin.

Arlequin est amene malgré lui dans la maison de Camilla, par les quatre Italiens, suivant qu’ils se l’ étoient propose. 11 se plaint à eux de ce qu’ils l’ont conduit par force chez Camille. Celio lui dit qu’ils r ont persuade et non violente. Florinde se mesle de vouloir expliquer à Arlequin ce qui l’a fait revenir. Arlequin est curieux de le savoir. Florinde lui demande s’il a quelque fois vu jouer les Marionnettes. Arlequin repond qu’ouy, mais qu’il ne comprend pas quel rapport il peut y avoir entre les marionnettes et lui. Florinde, en homme qui s’imagine qu’il va dire la plus belle chose du monde, prie ceux qui sont sur la scène de faire atten- tion à la comparaison spirituelle dont il va se servir, et pade ensuite ainsi à Arlequin. On fail agir les Marionnettes par le moyen d’un ressort place dans leur tète, et par quelques fils qu on leur attaché aux mains et aux pieds. Ces machines ne marchent que par la voix de celai qui les fait jouer. Venons maintenant à l’application: Arlequin, vous étes la marionnette; V Amour est celui qui vous fait jouer, la ^assion est le ressort qui vous conduit; vous ne vous remuez qu’avec les fils du desir, ensorte que poussé par votre inclination, et attiri par la beauté, vous etes venu jusqu ici sans scavoir que vous l> tìeniez. Cette comparaison choque Arlequin. Il annonce qu’il veut s’en aller, mais il dit à part qu’il n’est que trop vray qu’il se sent remuer par un fil, et qu’il y a un ressort qui le retient. On cherche à r appaiser: il s’obstine. Florinde engagé Petrone à le persuader. Petrone l’entreprend, et conseille à Arlequin de ne s’en rapportar à personne, at de faire à sa fantaisie. Arlequin trouve ce consail excellent, et dit en consequance qu’il ne veut plus penser à Camille.