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Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1915, XX.djvu/383


qu’il vient dans quelque mauvaise intention. Arlequin dit que puisqu’il se trouve das une assemblée de gens d’esprit, il doit réciter une de ses compositions. Il en dit le sujet, dans lequel il expose les contestations qu’il a avec Camille, sur ce qu’elle ne veut faire qu’a sa téte. Il parie contre la famille de Pantalon et contre l’assemblée. Voici, dit-il, ma chanson, en montrant son contrai de mariage avec Camille, et voici la musique, en déchirant le contrat; après quoi il s’en va. Tout le monde est choqué. Camille se désespere, et accuse tous ceux qui sont là, d’étre les causes de son malheurs. Celio propose à Silvio de courir après Arlequin pour l’arrèter. Silvio y consent. Il salue Angélique et sort. Celio prend congé de Clarice, en disant à part, qu’il craint bien de ne pouvoir resister à la force de l’amour qu’il ressent. Florinde et Petrone s’en vont ensemble en ricanant. Clarice et Angélique se retirent, affligées pour elles et pour Camille. Pantalon, d’un air noble et décent, se raccomande à Camille. Celle-ci témoigne de l’inquiétude; mais Pantalon se fie sur son bon coeur, et se retire.

SCENE XIV.

Camille, seule.

Elle dit que si elle a tant de compassion pour les autres, elle doit à plus forte raison en avoir pour elle-méme. Elle exagere beaucoup le malheur qu’elle fait résulter de la retraite d’Arlequin. Elle s’abandonne au désespoir, elle déteste tout ce qui en est cause, Pantalon, ses fìlles... Mais, tout à coup, elle fait réfiexion que ce n est pas la faut de ces pauvres innocents. Elle témoigne avoir encore de la tendresse pour elles. Elle prie le ciel de l’ éclairer et de l’aider, et termine ainsi le second Acte. Fin du second Ade.