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Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1915, XX.djvu/368


sans sgavoir oìi aller. Ce discours touchant et pathétique attendrit la sensible et généreuse Camille. Elle ne veut pas absolument que Pan- talon s’en aille. Elle se charge de faire entrer Arlequin dans ses vues, et de le persuader. Elle force Pantalon de rester, elle se dispose à aller trouver ses filles pour les rassurer, et les consoler; enfin elle exprime à Pantalon la compassion qu’il lui inspire, elle l’en- gagé à ne se point affliger, et elle sort.

SCENE V.

Pantalon seul, et ensuile Clarice.

Pantalon ne peut s’empécher de verser des larmes de tendresse et de joie. Il annonce son incertitude sur ce qu’il fera; s’il partirà, ou s’il resterà. Clarice arrive consolée par ce que lui a dit Camille, et par les protestations quelle lui a faites. Elle cherche à consoler son pere qui exprime l’affliction et la douleur que lui causent la situation. Clarice pour rendre à son ame sa tranquillité, lui donne des conseils qui respirent la morale et la philosophie. Ce tendre pere est enchanté des talens de sa fllle. Il fait son éloge, elle s’en défende avec modestie. Pantalon demande à sa (ìlle si elle auroit de l’inclination pour le mariage, dans le cas où elle trouveroit un bon parti. Clarice répond que les bon partis ne se refusent pas. Pantalon lui parie de quatre Italiens qui viennent quelquefois leur lenir compagnie, et faire la conversation avec eux; il demande les sendmens de sa fìlle à leur égard. Elle lui dit ce qu’elle en pense, et fait par ce moyen connoìtre leur caractere aux spectateurs. Elle trouve que Celio est en general un aimable homme, mais qu’il est trop libre, et d’une franchise trop indiscrete et trop hardie; que Silvio a r esprit plus mur et mieux regie, mais qu’il est trop serieux; que Florinde n’est pas sans mérite, mais qu’il est trop présomptueux; enfin que Petrone est un ignorant, qui honteux de ne rien sgavoir, n’ose blamer ni louer quaprès les autres. Pantalon continue de donner des louanges à sa fìlle. Il lui demande si elle ne lui fera pas voir quelqu’un de ses ouvrages. Elle lui répond qu elle a un Sonnet qui n’est pas encore achevé. Pantalon demande a voir ce quii y en a de fait. Clarice pour lui obéir et le contenter, tire un papier de sa poche.