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Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1915, XX.djvu/367


compassion. Elle représente à Arlequin que tout le bien qu’ils ont, ils le tiennent du Seigneur Steffanello, et qu’elle se croit obligée de secourir sa famille, par reconnoissance, par honneur, et par équilé. Arlequin s’appaise, et veut bien ne plus faire de dif- ficulté pour le passe; mais il ne se rend pas de méme pour r avenir; il veut que Pantalon, ses filles et Scapin soient renvoyés sous 24 heures. Camille trouve le terme trop court. Arlequin per- siste et reste ferme dans sa résolution. 11 menace Camille de la quitter et de l’abandonner si elle n’exécute pas ses volontés. Après quoi il sort.

SCENE IV.

Camille seule, et ensuite Pantalon.

Camille faite connoitre qu’elle aim.e éperdument Arlequin, et qu’elle ne veut pas s’exposer à lui déplaire et à le détacher d’elle. Elle dit qu’elle a fait tout ce qu’elle a pù pour Pantalon; que e’est un bomme raisonnable, qu’il aura égard aux circonstances où elle se trouve; elle se dispose en conséquence à lui annoncer son départ, quand elle le voit paroìtre. Pantalon lui dit en arri- vant, qu’il a appris de Scapin la mauvaise volonté d’Arlequin, qu’il seni parfaitement la position où elle est. 11 la remercie du bien qu’elle lui a fait jusqu’alors, et il lui annonce la resolution où il est de s’en aller. Camille est charmée de lui voir prendre son parti, et d’étre délivrée de la peine quelle auroit eue à le lui annoncer; mais elle lui demande où il a dessein d’aller. Il répond qu’il n’en sait rien lui-meme. Camille lui fait différentes questions, elle comprend par ses réponses, qu’il a ecrit à Venise pour faire vendre le peu de bien qui lui reste, qu’il n’en pourra pas recevoir le prix de quelques mois: que pendant ce temps là, il vendra tout ce qu’il peut avoir apporté à Paris tant pour lui que pour ses filles, principalement les livres de Clarice, et la mu- sique d’Angélique; que ce sacrifìce sera bien dur pour ses pauvres filles et pour lui; mais cependant que l’honneur et la décence le forcent de partir, et qu’il partirà bientòt avec ses chers enfans