Apri il menu principale

Pagina:Ferrero - Meditazioni sull'Italia, 1939.djvu/238


giudizio di franc nohain 219


en vue de situer Paris dans l'Occident, et de poser à son propos quelques-uns des problèmes de la civilisation occidentale...

Léo Ferrero nous donne un tableau de Paris grouillant et divers, fort bien brossé. Dans aucune capitale, d’après lui, les types ne sont aussi différenciés. Individus, milieux, groupes sont aussi différents que possible. Le quartier de l’Opéra se lève quand Montparnasse se couche. La richesse, la gloire, la sainteté, la débauche, l’amour, la guerre, les idéaux les plus contradictoires, apparaissent à l’observateur sur le même plan, conciliés par le tact et l’habileté d’une maîtresse de maison...

Dès lors, comment purifier, unifier des éléments aussi complexes et bigarrés? Par l’administration centralisatrice, qui «brise la France en l’honneur de la capitale», qui donne une même culture française à ces millions de Parisiens cosmopolites, qui établit à Paris «à la fois cet ordre solide et relâché» que goûtent fort les étrangers. L’administration aidée par une élite qui, au lieu d’être, comme en Angleterre et en Italie, le fruit d’un peuple en est plutôt la semence...

Est-il besoin de dire que dans cette élite, la femme joue un grand rôle. La Parisienne possède l’instinct de la femme italienne et la raison de l’Anglaise. Dans ce mélange de passion et de raison, sont son charme et le secret de son influence...

La fonction de l’élite est de donner des principes à la masse...

C’est justement à cause de ce pouvoir que Paris, personification de la France, est vraiment le guide des peuples.

Mais pour garder cette place magnifique et redoutable à cause des responsabilités qu’elle entraîne, il faut que les Français prennent davantage conscience du désarroi mondial. «L’Occident, conclut Léo Ferrerò, reproche à la France, moins son activité que son inertie; il met à sa charge le bien qu’elle ne fait pas.» Il faut à tout prix qu’elle se mette à la tête, ou qu’elle se résigne à n’être plus qu’un musée merveilleux.

Espérons que l’imagination, qualité éminente de l’esprit athénien, permettra à Paris de se représenter des épreuves qu’il ne subit pas et dont pâtit tout