Pagina:Ferrero - Leonardo o dell'arte, 1929.djvu/48

42

sur une sorte de foi dans l’existence d’une valeur absolue et isolable de leurs sens. Qu’est-ce que la réalité? se demande le philosophe; et qu’est-ce que la liberté? Il se met dans l’état d’ignorer l’origine à la fois métaphorique, sociale, statistique de ces noms, dont le glissement vers des sens indéfinissables va lui permettre de faire produire à son esprit les combinaison les plus profondes et les plus délicates. Il ne faut pas pour lui qu’il en finisse avec sa question par la simple histoire d’un vocable à travers les âges, par le détail des méprises, des emplois figurés, des locutions singulières, grâce au nombre et aux incohérences desquels un pauvre mot devient aussi complexe et mystérieux qu’un être, irrite comme un être une curiosité presque anxieuse, se dérobe à toute analyse en termes finis, et créature fortuite de besoins simples, antique expédient de commerces vulgaires et des échanges immédiats, s’élève à la très haute destinée d’exciter toute la puissance interrogante et toutes les ressources de réponses d’un esprit merveilleusement attentif. Ce mot, ce