Pagina:D'Annunzio - Canti della guerra latina, 1939.djvu/25


V


 
85Car, ô Mâle, tel le fécial criait
les noms des villes sœurs et jurées
en brandissant le javelot vermeil,
tel à grande voix je crie,
par-dessus les sépulcres,
90où les os de nos morts s’émeuvent
comme les racines au printemps,
je crie et j’invoque les deux noms divins,
les plus hauts de la terre,
jusqu’à ce que le ciel entier s’enflamme
95de la double ardeur
et que toutes les sources taries
rejaillissent et se mêlent
en un seul torrent indomptable,
je crie et j’invoque: «O Italie! O France!»
100Et j’entends, par-dessus les sépulcres fendus
et par-dessus tes lauriers hérissés
Victoire, le tonnerre des aigles
qui se précipitent vers l’Est
et de toutes leurs serres déchirent la nuit.
105Le jour est proche! Voici le jour!