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et de Virgile, tantót d’un autre de l’Arioste, du Tasse, de Milton et de quelques autres poètes qui leur sont étrangers.

Par grand bonheur, la poesie des égyptiens, des carthaginois, des chinois et de plusieurs autres peuples anciens et modernes, nous est inconnue au point que nous ne savons pas méme s’il y a dans le monde, ou s’il y eut jamais, des poèmes épiques dans ces langues. Supposons pour un instant que les chinois, par exemple, aient des poèmes épiques. Ils doivent fourmiller de béautés indigènes, on ne saurait en douter. Que ces beautés paraítraient étranges, bizarres, extravagantes á notre formidable censeur universel, s’il en avait cette connaissance imparfaite et superficielle qu’il a de ces autres poèmes épiques dont tout le monde sait quelque chose! Que d’essais, de discours, de disserta tions, de préfaces, de dédicaces, d’avant-propos et d’ autres pareilles rapsodies il aurait barbouillés, tantót d’un air austère, tantót d’un ton badin, pour décrier les poèmes chinois de notre coté du globe! Aurait-il eu raison? Décide, lecteur!