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I


Un Italien illustre, à qui mes compatriotes ont décerné depuis longtemps la première place parmi les poètes vivants de l’Italie, a écrit il y a quelques années, dans un moment d’humeur, que les jours de la poésie sont comptés. Malheureusement ce n’est pas là l’opinion des petits poètes qui poussent en foule et sèchent vite un peu partout. Le phénomène n’est certainement pas nouveau, car il date au moins du temps de Catulle et d’Horace qui s’en plaignirent beaucoup ; mais il nous frappe à cause de son intensité qui ne paraît guère s’accorder avec les penchants et les préoccupations plus visibles de notre société moderne, si éprise de la science, si avide de bien-être matériel, si travaillée par l’action des doctrines formidables qui s’acharnent après sa base. Le fait n’en subsiste pas moins. S’il ne s’agissait que d’un four-