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la marchesa di spigno 259

noi una persona familiare, e di starla a sentire con attenzione, come se fosse veramente lei che parlasse, e senza intervenzione alcuna, fuorchè passiva, della nostra facoltà intellettuale. La marchesa mi fissò, il suo sguardo prese a poco a poco un’espressione severa, la sua bocca s’atteggiò a un sorriso di ironia e di disprezzo: poi, tutt’a un tratto, arrossì come d’una fiammata di sdegno, e sprigionò un torrente dì parole.

— Eh bien! Que voulez-vous? Etes-vous encore un historien de la maison de Savoie? Ètes-vous un officier des gardes déguisé, venu pour surveiller mon portrait? N’est-ce pas encore assez de vous être acharnés pendant cent cinquante ans contre une pauvre femme que personne ne défend? Mais c’est honteux, à la fin! Je suis lasse de trainer dans vos romans et dans vos sottes histoires, pleines de calomnies et de mensonges! Pourquoi donc êtes-vous si impitoyables avec moi, vous qui êtes si flatteurs pour tant d’autres? Allez, allez faire vos romans sur la comtesse de Verrue. Je ne suis pas assez intéressante, moi. Je n’ai pas assez changé de couvent, je n’ai pas trahi mon mari, je n’ai pas fait des voyages triomphants à Saint Moritz avec des cortèges de reine, je n’ai pas fait l’espionne pour l’Ambassadeur de France, je n’ai pas fui de Turin comme une voleuse en emportant les collections d’objets d’art achetées avec l’or de mon amant, je n’ai pas fini ma vie dans un palais splendide, au milieu des fêtes et des plaisirs, en me glorifiant de mes amours passées! Allez. Je n’ai pas d’auréole poétique, moi. Je n’ai été qu’une ambitieuse vulgaire. Je