Pagina:Algarotti - Opere scelte 1.djvu/381


Madama Dacier d’un sentimento e di un cuore col dotto suo marito, ebbe a richiamarsi delle strettezze a che fu ridotta la propria lingua, dicendo espressamente che se non manca de’ più grossi colori, è poi mancante delle tinte più dilicate; che sarà per avventura bastante a render felicemente due, quattro, e sei versi d’Omero, come ha fatto maneggiata da un Despréaux o da un Racine, ma che non regge a lungo andare e si accoscia impar congressus Achillei <ref>"Jamais langue n’a eté si sage, ni si retenue, ou plutôt si gênée et si esclave, que la nôtre". dacier, dans la note au vers Quid autem Caecilio etc., de l’Art Poétique d’Horace. "Que doit-on attendre d’une traduction dans une langue comme la nôtre, toujours sage, ou plutôt toujours timide, et dans la quelle il n’y a presque point d’heureuse hardiesse, parce que toujours prisonnière dans ses usages elle n’a pas la moindre liberté". Dans la Préface à l’Iliade, p. 37, édit. de Amsterdam, 1731.
"Mais cette composition meléè [qui tient de l'austère et du fleuri] source de ces grâces, est inconnue à notre langue: elle n’admet point toutes ces différences; elle ne sait que faire d’un mot bas, dur, désagréable; elle n’a rien dans ses trésors, qu’elle puisse employer pour cacher qui est défectueux; elle n’a ni ces particules nombreuses, dont elle puisse soutenir ces termes,